Aller au contenu

Déshumidificateur : combien ça coûte par mois ?

Entre un appareil qui tourne en continu et le même piloté par hygrostat, il y a un facteur trois sur la facture. Voici le calcul complet, du watt affiché sur la plaque à l'euro sur la note d'électricité.

Par Baptiste S., propriétaire-bailleur, auteur du siteMis à jour le 7 septembre 202610 min

Certains liens de cette page mènent vers Amazon. S'ils débouchent sur un achat, je touche une commission, sans que cela n'augmente votre prix. Je ne reçois aucun produit gratuit et aucune marque ne finance ce site.Comment je travaille.

La question de la consommation d’un déshumidificateur électrique arrive presque toujours trop tard : une fois l’appareil acheté, branché, et la première facture d’hiver reçue. Le premier hiver où j’ai laissé tourner un appareil en continu dans un studio orienté nord, la note a augmenté de façon très visible, et j’ai mis un moment à comprendre que l’appareil n’y était pour presque rien — c’était la façon dont je le faisais fonctionner.

Un déshumidificateur domestique n’est pas un gros consommateur. C’est un consommateur permanent, ce qui n’est pas la même chose, et c’est exactement ce qui trompe. Voici comment passer de la plaque signalétique à un chiffre en euros, et quels réglages font vraiment bouger ce chiffre.

Ce que consomme réellement l’appareil, en watts

Sur la plaque signalétique, à l’arrière, figure une puissance absorbée en watts. Pour un modèle domestique à compresseur donné pour 12 litres par jour, elle se situe entre 200 et 350 W. Un gros modèle de 20 L/jour monte vers 400 à 500 W. Un appareil à absorption, dit dessiccant, celui qui travaille dans les pièces froides, se place entre 300 et 600 W.

Pour comparer : un convecteur électrique de salle de bains tire 1 000 à 2 000 W, un sèche-cheveux autour de 1 800 W, un réfrigérateur ancien environ 100 W en moyenne. Le déshumidificateur se range du côté du réfrigérateur, pas du chauffage. L’ADEME classe d’ailleurs ce type d’équipement parmi les appareils dits de confort, dont la contribution à la facture dépend surtout de la durée d’usage.

Deux précisions qui changent le résultat. D’abord, la puissance affichée est la puissance en marche, pas la puissance moyenne : un appareil piloté par hygrostat passe une bonne partie du temps à l’arrêt, et ne consomme alors que quelques watts de veille. Ensuite, un compresseur appelle brièvement beaucoup plus que sa puissance nominale au démarrage. Ce pic ne pèse rien sur le mois, mais il explique pourquoi enchaîner les cycles courts est le pire mode de fonctionnement pour la mécanique.

Prise wattmètre pour connaître le chiffre réel

12 à 25 €

Le seul moyen d’arrêter d’estimer. Regardez trois choses : la mémoire du cumul en kWh, qui doit survivre à un débranchement, sinon le relevé de la semaine disparaît au premier ménage ; la saisie du prix du kWh, qui affiche directement des euros plutôt qu’une conversion à faire de tête ; et l’intensité maximale admissible, à vérifier au-dessus de 10 A pour encaisser le pic de démarrage d’un compresseur sans déclencher la protection. Le boîtier resservira ensuite pour le congélateur, le sèche-linge et le vieux frigo du garage.

Voir les prises wattmètre

Lien affilié. Prix et disponibilité vérifiables sur Amazon.

Du watt à l’euro : le calcul tient en une ligne

La formule est toujours la même : puissance en kilowatts × heures de fonctionnement × prix du kilowattheure.

Un compresseur de 275 W en moyenne, soit 0,275 kW, qui tourne trois heures par jour, consomme 0,825 kWh par jour, donc environ 25 kWh sur un mois. Au tarif réglementé de vente publié par la Commission de régulation de l’énergie, qui tourne autour de vingt centimes le kilowattheure, cela fait 5 € par mois.

Le même appareil qui tourne huit heures par jour arrive à 66 kWh, soit environ 13 €. En marche continue vingt-quatre heures sur vingt-quatre — ce qui arrive plus souvent qu’on ne croit, sur les modèles sans hygrostat ou avec un hygrostat réglé trop bas — on atteint 198 kWh et près de 40 € mensuels.

Tout le sujet est donc dans le nombre d’heures, pas dans le choix du modèle. C’est aussi ce qui rend les comparateurs de fiches produit assez inutiles sur ce point précis : ils comparent des puissances, alors que la facture dépend d’une durée que seul votre logement détermine.

Estimation

Ce que votre appareil devrait coûter par mois

Une fourchette, jamais un montant exact. Elle sert à savoir si votre facture est cohérente avec l'usage que vous faites de l'appareil, ou si quelque chose tourne pour rien.

h/jour

Fourchette estimée

—

soit — € par mois et par heure quotidienne

Base de calcul : 0,275 kW pour un compresseur de 10 à 12 L/jour et un kilowattheure autour de 0,20 € au tarif réglementé. Fourchette large et volontairement prudente : la puissance réelle varie d'un modèle à l'autre du simple au double.

Voir les prises wattmètre pour vérifier →Quelle capacité de déshumidificateur au m² →

Un point sur les heures creuses, puisque la question revient : un déshumidificateur se prête assez bien au décalage horaire, contrairement à un chauffage. L’humidité d’une pièce ne se dégrade pas en quelques heures, et rien n’interdit de concentrer le fonctionnement sur la nuit. Le comparateur d’offres du médiateur national de l’énergie, Énergie-Info, permet de vérifier si l’écart entre les deux plages justifie l’abonnement correspondant — sur ce seul appareil, très rarement.

L’hygrostat, le seul réglage qui divise la facture

Si un article devait se réduire à une phrase, ce serait celle-ci : un déshumidificateur sans hygrostat coûte trois fois plus cher à faire fonctionner qu’un déshumidificateur avec.

L’hygrostat est le capteur qui coupe l’appareil dès que l’humidité relative descend sous la consigne, et le relance quand elle repasse au-dessus. Sans lui, la machine tourne tant qu’elle est allumée, y compris quand la pièce est déjà à 45 % — c’est-à-dire quand elle n’a plus rien à extraire et qu’elle assèche pour rien un air déjà sec.

La consigne à retenir est 50 %, éventuellement 55 % dans un logement ancien difficile à tenir. Descendre à 40 % n’apporte aucun bénéfice sanitaire et multiplie les heures de fonctionnement : les valeurs de confort retenues par les organismes de santé publique, dont l’ANSES dans ses travaux sur l’habitat, se situent entre 40 et 60 % d’humidité relative. Les fourchettes pièce par pièce sont détaillées dans l’article sur le taux d’humidité idéal, et elles ne sont pas les mêmes dans une chambre et dans une buanderie.

Sur un appareil qui n’en possède pas, il reste une solution correcte : une prise programmable, réglée sur deux ou trois plages courtes réparties dans la journée. C’est moins fin qu’un hygrostat, cela ne s’adapte pas aux journées de pluie, mais cela ramène déjà une marche continue à quelque chose de raisonnable. Vous pouvez comparer les modèles sur cette recherche de prises programmables à minuterie journalière — le seul critère qui compte est le pas de programmation, quinze minutes plutôt qu’une heure.

Compresseur, dessiccant, absorbeur : la facture d’une saison

Comparer les technologies sur une heure de fonctionnement n’a pas de sens, parce qu’elles ne retirent pas la même quantité d’eau dans les mêmes conditions. La comparaison honnête se fait sur une saison de chauffe complète, environ six mois, dans le local pour lequel chacune est prévue.

Le résultat le plus contre-intuitif est en bas du graphique. L’option qui ne consomme aucune électricité est de loin la plus coûteuse à l’usage, parce qu’elle consomme autre chose : des recharges, tous les mois, sans fin. Et elle retire quelques centaines de millilitres d’eau par mois là où l’appareil électrique en retire plusieurs litres par jour. Le rapport de capacité entre les deux familles est détaillé dans le comparatif absorbeur ou déshumidificateur — il est de l’ordre de un à cent.

Autrement dit, l’économie d’électricité que promet l’absorbeur n’existe pas. Elle est simplement déplacée dans une autre ligne du budget, moins visible parce qu’elle passe par le caddie plutôt que par la facture d’énergie.

Ce qui ne fait pas baisser la facture, et qu’on achète quand même

Un appareil plus gros pour « aller plus vite ». L’énergie dépensée dépend du nombre de litres extraits, pas de la vitesse d’extraction. Un modèle surdimensionné atteint la consigne plus tôt, s’arrête, redémarre, et enchaîne des cycles courts qui usent le compresseur sans rien économiser. Le surcoût est intégralement à l’achat, entre 80 et 150 € selon les gammes.

Les prétendus modes éco sans hygrostat. Sur beaucoup d’appareils d’entrée de gamme, le mode économique se contente de réduire la vitesse du ventilateur. Le compresseur, lui, continue de tourner : la puissance baisse de 10 à 15 %, l’extraction baisse d’autant, et la durée de fonctionnement augmente en proportion. Le gain net est nul.

Le déshumidificateur acheté pour compenser une ventilation en panne. C’est la dépense la plus régulière et la plus évitable. L’appareil masque le symptôme tant qu’il tourne, et vous payez chaque mois pour ne pas réparer une VMC. Si vous n’êtes pas certain de l’origine de l’humidité, le diagnostic en 6 questions prend deux minutes et évite souvent l’achat.

Le séchage du linge à l’intérieur, laissé tel quel. Deux à trois litres d’eau partent dans l’air à chaque machine, soit l’équivalent d’un appareil entier de capacité. Organiser autrement le séchage du linge en intérieur retire ces litres du calcul pour zéro euro, et c’est le seul poste où l’économie est immédiate et définitive.

Les filtres jamais nettoyés. Le filtre d’entrée d’air se colmate en une saison dans une pièce poussiéreuse. Le ventilateur force, le débit tombe, l’extraction ralentit, et l’appareil compense en tournant plus longtemps pour le même résultat. Un rinçage à l’eau tiède tous les deux mois ne coûte rien et se voit sur la durée de fonctionnement. C’est l’entretien le plus rentable de l’appareil, et le plus souvent négligé une fois passée la première année.

Déshumidificateur à hygrostat et évacuation continue

130 à 260 €

Trois critères décident du coût d’usage, et aucun n’est la capacité annoncée. L’hygrostat réglable en pourcentage, seul capable de diviser les heures de fonctionnement par trois. Le rapport litres par kilowattheure, quand il est indiqué : au-dessus de 2 L/kWh, l’appareil est correct pour une pièce chauffée. Et la sortie d’évacuation continue, qui n’économise pas d’électricité mais évite l’autre coût, celui de l’appareil arrêté trois semaines parce que personne n’a vidé le réservoir.

Comparer les modèles à hygrostat

Lien affilié. Prix et disponibilité vérifiables sur Amazon.

La cave et les locaux froids : le calcul s’inverse

Dans un local sous 15 °C, tout ce qui précède change de sens. Un compresseur y voit son rendement s’effondrer et passe une partie de son temps à dégivrer son propre évaporateur, c’est-à-dire à consommer sans extraire quoi que ce soit. Sa consommation horaire reste modeste, mais rapportée au litre d’eau retiré, elle devient très mauvaise.

Un dessiccant absorbe davantage — 300 à 600 W — et travaille jusqu’à 1 ou 2 °C avec un rendement à peu près constant. Sur une cave, il coûte plus par heure et beaucoup moins par litre. Il réchauffe accessoirement l’air de 2 à 3 °C, ce qui est un avantage dans un sous-sol et un défaut ailleurs.

Reste que dans une cave, la première économie n’est pas électrique. Elle consiste à ne pas aérer au mauvais moment : ouvrir les soupiraux par une belle journée d’été fait entrer plusieurs litres d’eau que l’appareil devra ensuite extraire à vos frais. Le raisonnement complet, avec le calcul, est dans l’article sur la cave humide et l’aération. Un dessiccant qui tourne derrière un soupirail ouvert en juillet est la façon la plus efficace de déshumidifier son jardin.

Le chiffre à retenir avant de brancher quoi que ce soit

Pour un logement ordinaire, un déshumidificateur correctement piloté coûte entre 4 et 10 € par mois pendant la saison de chauffe, et rien le reste de l’année. C’est un poste modeste, du même ordre qu’un vieux réfrigérateur, et très inférieur à ce que la plupart des gens imaginent avant de faire le calcul.

Ce qui fait exploser ce chiffre n’est jamais l’appareil : c’est la marche continue, une consigne trop basse, ou un appareil qui compense un défaut du bâti qu’il faudrait réparer. Les trois se corrigent sans rien acheter.

Un dernier repère, pour situer la dépense par rapport à ce qu’elle évite : une saison à 40 € d’électricité reste sans commune mesure avec la reprise d’un mur moisi ou le remplacement d’un doublage détrempé. Le mauvais calcul n’est pas de faire tourner l’appareil, c’est de le faire tourner sans hygrostat en croyant que le problème vient de lui. Le reste des critères d’achat, l’entretien qui évite qu’un appareil mente sur ses performances et le tableau de synthèse du matériel sont réunis dans le guide de l’équipement anti-humidité.

Les questions qu'on me pose le plus

Combien consomme un déshumidificateur électrique par mois ?

Un modèle domestique à compresseur de 12 L/jour absorbe 200 à 350 W quand il tourne. Piloté par hygrostat, il fonctionne deux à quatre heures par jour en saison, soit 20 à 40 kWh sur le mois, autour de 4 à 8 € au tarif réglementé. Le même appareil laissé en marche continue huit heures par jour dépasse 60 kWh, donc 12 à 16 € mensuels. L'écart ne vient pas de l'appareil mais de la façon dont on le pilote.

Un déshumidificateur consomme-t-il plus qu'un radiateur ?

Non, et l'écart est considérable. Un convecteur électrique de salle de bains tire 1 000 à 2 000 W, soit cinq à dix fois la puissance d'un déshumidificateur domestique. La confusion vient de la durée : le radiateur fonctionne par à-coups de quelques minutes, l'appareil de déshumidification peut rester en marche des heures. À l'échelle du mois, il reste malgré tout un poste modeste, comparable à celui d'un réfrigérateur ancien.

Faut-il éteindre le déshumidificateur la nuit pour économiser ?

Ce n'est pas le bon levier, et cela peut même coûter plus cher. La nuit est le moment où la température baisse et où l'humidité relative monte, donc celui où la condensation se forme sur les parois froides. Mieux vaut laisser l'hygrostat gérer ses cycles sur une consigne de 50 % : l'appareil ne démarrera que si la valeur est dépassée. Si le bruit gêne, une minuterie qui l'arrête aux heures de sommeil est plus pertinente qu'un arrêt manuel systématique.

Un déshumidificateur dessiccant coûte-t-il plus cher à faire tourner ?

Oui, à peu près le double d'un compresseur de capacité comparable : 300 à 600 W contre 200 à 350 W. Mais la comparaison n'a de sens qu'à température égale. Sous 15 °C, un compresseur passe une partie de son temps à dégivrer son évaporateur et extrait très peu d'eau : il consomme peu par heure et beaucoup par litre retiré. Dans une cave, le dessiccant reste le moins cher au litre d'eau, ce qui est la seule unité qui compte.

Les absorbeurs à pastilles reviennent-ils moins cher, puisqu'ils ne consomment rien ?

Presque jamais, dès qu'on dépasse le placard. Ils ne consomment pas d'électricité mais des recharges, à 4 à 8 € pièce et à raison d'une par mois et par bac en hiver. Trois bacs sur une saison de chauffe représentent environ 145 € de consommables, contre 30 à 40 € d'électricité pour un appareil qui retire cent fois plus d'eau. L'absence de branchement se paie donc, et se paie cher.

Comment connaître la consommation réelle de mon appareil ?

Une prise wattmètre placée entre la prise murale et l'appareil affiche la puissance instantanée et cumule les kilowattheures. Laissez-la en place une semaine complète, sans changer vos habitudes, puis multipliez le relevé par quatre pour obtenir l'ordre de grandeur mensuel. C'est la seule méthode qui tienne compte de vos cycles réels, de votre température et de votre consigne. Le boîtier coûte une quinzaine d'euros et sert ensuite pour tous les autres appareils du logement.

La checklist « avant l'hiver » en PDF

Les 14 vérifications à faire en octobre pour ne pas retrouver de moisissure en février. Je l'envoie gratuitement, avec un nouveau guide une à deux fois par mois. Rien d'autre.

À lire dans la foulée

Équipement

Déshumidificateur : quelle capacité pour votre pièce

Les litres par jour imprimés sur le carton sont mesurés à 30 °C et 80 % d'humidité. Chez vous, il en reste la moitié. Voici comment passer de votre surface au chiffre à commander.

10 min de lecture