Données ADEME · relevé du 2026-09-14
Plus d'un logement sur deux a des murs qui appellent la condensation
L'humidité n'a jamais une cause unique. Voici les trois facteurs qui la rendent probable — murs, ventilation, âge du bâti — mesurés département par département sur 15 557 428 diagnostics.
Un mur non isolé reste froid en hiver. L'air chaud et chargé de vapeur qui le rencontre s'y refroidit brutalement et dépose son eau : c'est la condensation, première cause d'humidité dans un logement occupé normalement.
Une famille de quatre personnes produit plusieurs litres de vapeur par jour, par la respiration, la cuisine et les douches. Sans extraction efficace, cette eau ne sort pas du logement : elle se dépose sur les parois les plus froides.
Avant la première réglementation thermique, ni l'isolation ni la ventilation mécanique n'étaient obligatoires. Ces logements respiraient par leurs défauts d'étanchéité — jusqu'à ce qu'on change les fenêtres sans toucher à la ventilation.
Votre département
Les trois facteurs, et la position de votre département.
Le classement des départements
Classés par accumulation des trois facteurs. L'indice est leur moyenne : il ne mesure pas l'humidité, il ordonne les départements selon le risque structurel de leur parc.
| Département | Indice | Murs insuffisants | Ventilation ancienne | Avant 1975 |
|---|---|---|---|---|
| Paris (75) | 80.7 | 80,1 % | 82,9 % | 79,2 % |
| Creuse (23) | 74 | 64,9 % | 82,1 % | 75,1 % |
| Nièvre (58) | 73.7 | 66,9 % | 82,1 % | 72,2 % |
| Alpes-Maritimes (06) | 70.5 | 70,1 % | 86,1 % | 55,2 % |
| Saône-et-Loire (71) | 70.4 | 60,9 % | 79,7 % | 70,7 % |
| Allier (03) | 70.2 | 62,7 % | 76,4 % | 71,6 % |
| Aisne (02) | 69.9 | 62,6 % | 79,3 % | 67,8 % |
| Cantal (15) | 69.9 | 59,4 % | 79,7 % | 70,6 % |
| Yonne (89) | 69 | 58 % | 77,9 % | 71,1 % |
| Orne (61) | 69 | 60,4 % | 76,9 % | 69,8 % |
| Lozère (48) | 68.9 | 54,3 % | 84,2 % | 68,1 % |
| Ardennes (08) | 68.8 | 63,5 % | 75,3 % | 67,7 % |
| Jura (39) | 68.8 | 56,7 % | 77,6 % | 72 % |
| Ariège (09) | 68.7 | 62,9 % | 73,5 % | 69,6 % |
| Vosges (88) | 68.4 | 52,5 % | 80,5 % | 72,3 % |
| Haute-Vienne (87) | 68.3 | 55,8 % | 81,7 % | 67,3 % |
| Dordogne (24) | 68.2 | 60,6 % | 78,8 % | 65,1 % |
| Haute-Saône (70) | 68.1 | 54,9 % | 79,7 % | 69,7 % |
| Charente (16) | 68 | 59,5 % | 77,5 % | 67 % |
| Bouches-du-Rhône (13) | 67.9 | 64,1 % | 78,2 % | 61,4 % |
| Lot (46) | 67.8 | 58,7 % | 79,5 % | 65,3 % |
| Corrèze (19) | 67.7 | 59,1 % | 79,2 % | 64,9 % |
| Territoire de Belfort (90) | 67.6 | 61,4 % | 74,8 % | 66,6 % |
| Hauts-de-Seine (92) | 67.5 | 60,1 % | 80,4 % | 61,9 % |
| Lot-et-Garonne (47) | 67.5 | 60,9 % | 76,5 % | 65,1 % |
Reprendre ces chiffres
Journalistes, artisans, collectivités : ces chiffres sont faits pour être repris, avec un lien vers cette page.
Phrase à citer
D'après la base des diagnostics de performance énergétique de l'ADEME, 55,5 % des logements diagnostiqués en France ont des murs classés insuffisamment isolés et 76,1 % n'ont pas de ventilation postérieure à 2012 — les deux principaux facteurs de condensation dans un logement occupé normalement.
Questions fréquentes
Quels départements ont le parc le plus exposé à l'humidité ?
Paris arrive en tête, avec 80,1 % de logements aux murs insuffisamment isolés, 82,9 % sans ventilation postérieure à 2012 et 79,2 % de bâti antérieur à 1975. Le résultat peut surprendre pour un territoire urbain, mais il s'explique : un parc ancien, dense, aux murs rarement isolés et aux ventilations d'origine réunit exactement les trois facteurs. À l'opposé, Haute-Savoie présente le parc le moins exposé de métropole.
Pourquoi les murs mal isolés causent-ils de l'humidité ?
Par condensation. Un mur non isolé reste froid : l'air intérieur, chaud et chargé de vapeur d'eau, le rencontre et se refroidit d'un coup. Or l'air froid retient beaucoup moins d'eau que l'air chaud — l'excédent se dépose sur la paroi. C'est pourquoi les traces apparaissent d'abord dans les angles, derrière les meubles et sur les murs donnant sur l'extérieur : ce sont les points les plus froids. En France, 55,5 % des logements diagnostiqués ont des murs classés insuffisamment isolés.
Ma ventilation date d'avant 2012, est-ce un problème ?
Pas nécessairement, mais c'est un facteur de risque. La date sert de repère : les exigences de renouvellement d'air ont été renforcées, et une installation plus ancienne est souvent une simple grille ou une VMC autoréglable encrassée. 76,1 % des logements diagnostiqués sont dans ce cas. Le point à vérifier n'est pas l'âge mais le débit réel : une feuille de papier plaquée contre la bouche d'extraction doit y rester seule.
Pourquoi 1975 est-elle une date charnière ?
Parce que la première réglementation thermique française date de 1974. Avant elle, ni l'isolation ni la ventilation mécanique n'étaient imposées. Ces logements fonctionnaient par leurs défauts d'étanchéité : les menuiseries laissaient passer assez d'air pour évacuer la vapeur. Le problème est apparu quand on a remplacé les fenêtres par du double vitrage étanche sans toucher à la ventilation — le logement a cessé de respirer.
Ces chiffres signifient-ils que ces logements sont humides ?
Non, et c'est la limite essentielle. Ces données décrivent des caractéristiques du bâti qui favorisent l'humidité, pas des désordres constatés. Un logement aux murs mal isolés mais bien chauffé, peu occupé et correctement aéré peut ne présenter aucune trace. À l'inverse, un logement récent mal utilisé peut développer de la condensation. Ces chiffres classent un parc, ils ne diagnostiquent pas un logement.
Comment cet indice est-il calculé ?
C'est la moyenne des trois parts : logements aux murs insuffisamment isolés, logements sans ventilation postérieure à 2012, et logements construits avant 1975. Chaque part est calculée sur les seuls diagnostics qui renseignent le champ concerné. L'indice ne mesure rien en soi — il sert uniquement à classer les départements selon l'accumulation des facteurs, et sa composition est affichée pour que chacun puisse le recomposer.
D'où viennent ces données ?
De la base des diagnostics de performance énergétique des logements existants de l'ADEME, publiée en open data sous Licence Ouverte, qui recense plus de quinze millions de diagnostics. Les agrégations sont faites côté serveur via l'API de l'ADEME : les chiffres affichés ici sont ceux de la source, sans retraitement autre que le calcul des parts.
Un logement récent peut-il avoir un problème d'humidité ?
Oui, et la cause est souvent inverse de celle des logements anciens. Un bâti neuf est très étanche : si la ventilation est mal réglée, obstruée ou coupée, la vapeur produite au quotidien n'a plus aucune issue. S'y ajoute, dans les premières années, l'humidité de construction — le béton et les enduits libèrent leur eau pendant des mois. Ces chiffres décrivent le risque structurel du parc ancien ; ils ne dispensent pas de vérifier une installation récente.
Méthode et limites
- Source
- Base des diagnostics de performance énergétique des logements existants, ADEME, data.ademe.fr, sous Licence Ouverte. Relevé du 2026-09-14.
- Ce que l'indice est, et n'est pas
- C'est la moyenne de trois parts de logements défavorables. Il classe des départements selon l'accumulation de facteurs de risque ; il ne mesure aucune humidité constatée. Sa composition est affichée en entier pour que chacun puisse le recomposer ou le contester.
- Un facteur de risque n'est pas un désordre
- Un logement aux murs mal isolés mais bien chauffé, peu occupé et correctement aéré peut ne présenter aucune trace. Un logement récent mal ventilé peut en présenter. Ces chiffres décrivent un parc, pas un logement.
- Le parc qui bouge
- Un DPE est établi lors d'une vente, d'une location ou d'une démarche de rénovation. Les logements qui ne changent jamais de mains n'y figurent pas.